Kyoto Québec prend la tête d'une coalition «non partisane»
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Presse Canadienne (PC) Par Martin Ouellet
26/10/2006 17h19
Le gouvernement Charest prend la tête d'une coalition «non partisane» afin de forcer Ottawa à verser plus d'argent aux provinces pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).
Mais contrairement à l'Action démocratique du Québec (ADQ), le Parti québécois (PQ) a refusé de se joindre à la coalition, «une bébelle», qui formule ses demandes sur un ton «mièvre et mollasson», a soutenu en point de presse jeudi à Québec le député péquiste Stéphane Bergeron.
La chaise laissée vide par le PQ n'a pas semblé émouvoir outre mesure le ministre du Développement durable, Claude Béchard.
Ce dernier a présenté jeudi à la presse les 27 organismes membres de la coalition, des acteurs aussi divers que le monde municipal, les centrales syndicales, Greenpeace et la société Cascades.
Le géant du papier était d'ailleurs représenté en conférence de presse par Hubert Bolduc, l'ancien attaché de presse de l'ex-premier ministre péquiste Bernard Landry.
«C'est dommage. Tout le Québec est là sauf eux (le PQ)», a dit le ministre Béchard en haussant les épaules.
Selon lui, le PQ a manqué l'occasion de «s'élever au dessus de la partisanerie» pour faire front commun en faveur du respect des objectifs de Kyoto.
«Ils devront s'expliquer sur cette décision-là», a-t-il dit.
Dans une lettre transmise à la ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, la coalition «recommande» à Ottawa de «soutenir financièrement les stratégies énergétiques et de réductions des émissions de GES des provinces» et de «réaffirmer l'adhésion du Canada aux objectifs du protocole de Kyoto».
Cependant, la lettre ne fait aucune mention du transfert de 328 millions $ que le gouvernement Charest réclame du fédéral pour l'aider à atteindre les objectifs fixés par le protocole.
Cette omission, tout comme le libellé contenu dans la missive, a convaincu le PQ de tourner le dos à la coalition, a mentionné le porte-parole de l'opposition péquiste en matière d'Environnement.
Au lieu de «recommander» un meilleur soutien financier, il aurait fallu inscrire «exiger» ou «réclamer», a évoqué M. Bergeron en guise d'explication. Le député du PQ croit aussi qu'il était essentiel d'inclure dans la lettre la revendication de 328 millions $, à titre d'exigence minimale du Québec.
Si la missive ne souffle mot des 328 millions $, c'est que le gouvernement du Québec «ne veut pas s'encarcanner (sic) dans un montant», a rétorqué M. Béchard.
«Qu'on ne vienne pas me dire que c'est parce que le 328 millions $ n'est pas là! Il est implicite. Et le jour où on ira chercher 330 ou 350 millions $, vont-ils être déçus de ne pas avoir juste 328?», a-t-il insisté.
Néanmoins, pour le PQ, la coalition n'est rien de plus que «la démonstration pathétique et pitoyable» de l'incapacité du gouvernement libéral à obtenir son dû d'Ottawa.
Un avis que ne partage d'aucune façon le directeur de Greenpeace au Québec, Steven Guilbeault, que l'on dit pourtant proche du Parti québécois.
«Ce qui s'exprime à travers cette coalition-là, c'est le leadership du Québec en entier et l'intérêt du Québec en entier sur la question des changements climatiques et du protocole de Kyoto», a-t-il analysé.
L'isolement du PQ risque-t-il de refaire surface en fin de semaine au conseil national du parti, qui portera, incidemment, sur la question de l'environnement?
Le député Bergeron n'y croit pas: «Cela n'a pas de lien», a-t-il laissé tomber.
